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Pom-Mangue
INDEPENDANCE

                 Carte du Bénin         

Entre tradition et projets, culture et jumelage, études et solidarité, les attaches béninoises à la ville sont multiples et tissent ce joli paradoxe : fêter l'indépendance du Bénin avec, pour objectif, de renforcer les liens. Une volonté profonde de la communauté béninoise, largement représentée à Villeneuve-d'Ascq.  «  Au Bénin, nous avons tendance, avant de prendre la décision de partir, de nous renseigner pour savoir où se trouvent nos aînés, pour être sûrs d'être bien accueillis, bien encadrés à notre arrivée », confie Razak Oba, président de l'Association des ressortissants béninois de France (ARBF), créée en 1994 à Villeneuve-d'Ascq. Un filet de sécurité que les anciens ont installé, voilà des années, dans le Nord, entre autres, à Villeneuve-d'Ascq, en particulier. «  Ça s'est fait au fil du temps. On vient pour les études. Ici, il y a de nombreuses universités. Et puis, il y a l'accueil des gens du Nord... On arrive célibataires et puis, les choses se composent et on s'installe », sourit Cosme Adjovi, président de l'association Sage's tour.
                Les aînés comme point d'ancrage de la communauté béninoise à Villeneuve-d'Ascq, la jeunesse comme horizon pour renforcer ces liens. « L'association accompagne les étudiants qui veulent mener des projets au Bénin, poursuit Cosme Adjovi. Il y a aussi des métiers désuets ici mais encore opérationnels là-bas. On encourage ces gens-là à aller voir sur le terrain comment ils peuvent être utiles. Sur place, on ne les lâche pas. On leur trouve les contacts, on leur simplifie les choses. » Une mission étroitement liée à celle d'une autre association lilloise, l'ASE (Actions pour la santé et l'éducation). « Notre but est d'améliorer les conditions de vie de la population dans les zones enclavées, agricoles (forage de puits d'eau, création de sites maraîchers, semi-industrialisation de la culture du manioc...), précise Gilles Tro, président de l'ASE. Mais la crise touche aussi les associations et les donneurs se font plus rares. Alors, on sollicite les étudiants. Les projets sont ainsi financés mais on ne touche rien, ce sont les étudiants qui gèrent l'argent. » Autant dire que les échanges se multiplient, renforcés par le jumelage, en 2005, entre la ville et Ouidah. Une coopération renouvelée, début mars, entre Gérard Caudron et Séverin Adjovi, son homologue béninois. Depuis 2006, la commune aide aussi à trouver des fonds pour financer un centre de mise en valeur de l'artisanat à Ouidah.
               Et la fête de l'indépendance, célébrée chaque année et orchestrée par l'ARBF et le consulat honoraire du Bénin à Lille, revêt aussi son importance. «  Pour les Béninois vivant à l'étranger, c'est l'occasion de se retrouver. Nos enfants sont nés ici. Il faut qu'ils connaissent les deux cultures. Parler avec les autres permet de lever leurs angoisses sur la vie au Bénin, si jamais ils envisagent d'y retourner un jour. Mais c'est aussi, pour nous, l'opportunité de faire découvrir notre culture, la réalité de notre pays aux Français, autrement que lorsqu'on en parle à la télévision quand il y a des catastrophes. Et puis, c'est l'occasion de faire la fête ! » •

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